Dernière mise à jour : septembre 2026.
À la retraite, le PER permet généralement de récupérer l’épargne sous forme de capital, de rente viagère ou de combiner les deux. Le choix dépend des besoins du titulaire, de l’origine des sommes détenues sur le PER et de leur traitement fiscal lors des versements.
Sortie PER en capital ou en rente ? La possibilité de choisir constitue l’une des principales différences entre le Plan d’Épargne Retraite et les anciens contrats retraite Madelin, historiquement conçus autour d’une sortie principalement en rente viagère.
Le PER apporte davantage de souplesse : pour les droits qui le permettent, l’épargnant peut récupérer son épargne en capital, en rente viagère ou en combinant capital et rente. Le capital peut également être versé en une seule fois ou de manière fractionnée.
Mais le choix du mode de sortie ne doit pas être effectué uniquement en fonction de cette souplesse. La fiscalité à la sortie dépend notamment de l’origine des sommes et, pour les versements volontaires, du choix qui a été fait de les déduire ou non fiscalement lors du versement.
Comment peut-on sortir d’un PER à la retraite ?
À l’échéance du PER, les droits qui ne proviennent pas de versements obligatoires peuvent, au choix du titulaire, être délivrés :
- sous forme de capital versé en une seule fois ;
- sous forme de capital fractionné ;
- sous forme de rente viagère ;
- ou en combinant une sortie en capital et une sortie en rente.
Ces possibilités de sortie du PER en capital, en capital fractionné ou en rente sont prévues par l’article L.224-5 du Code monétaire et financier.
Cette liberté de choix comporte une réserve : si le titulaire a choisi expressément et irrévocablement une liquidation en rente viagère dès l’ouverture du plan, les droits concernés restent soumis à cette option. Il faut donc vérifier ce choix dans le contrat avant d’envisager une sortie en capital.
Cette liberté permet d’adapter l’utilisation de l’épargne retraite à la situation du titulaire : besoin immédiat de liquidités, recherche d’un complément régulier de revenus ou combinaison de ces deux objectifs.
Une exception importante concerne les droits issus de versements obligatoires : ils sont en principe délivrés sous forme de rente viagère.
Sortie PER en capital : comment fonctionne-t-elle ?
Pour les droits qui peuvent être liquidés en capital, le titulaire peut demander le versement de son épargne à la retraite.
Le capital peut être récupéré :
- en une seule fois, lorsque le titulaire souhaite disposer immédiatement des sommes ;
- de manière fractionnée, afin d’étaler les retraits dans le temps.
La sortie fractionnée peut notamment permettre d’éviter de percevoir la totalité du capital au cours d’une même année. Cet aspect peut avoir une importance fiscale lorsque les versements ont été déduits à l’entrée, puisque la part correspondant à ces versements est alors imposable au barème progressif de l’impôt sur le revenu lors de la sortie en capital.
Les modalités pratiques du fractionnement doivent également être vérifiées dans les conditions du PER concerné.
Sortie PER en rente : comment fonctionne-t-elle ?
La rente viagère transforme tout ou partie de l’épargne constituée sur le PER en un revenu versé périodiquement pendant la vie du titulaire.
Son montant dépend notamment du capital converti en rente, de l’âge du titulaire au moment de la liquidation, des conditions prévues par le contrat et des options éventuellement choisies.
Selon les caractéristiques du PER, différentes options peuvent être proposées, par exemple une réversion au profit d’un bénéficiaire en cas de décès.
La rente peut donc répondre à un objectif différent du capital : elle vise moins à disposer immédiatement d’une somme qu’à obtenir un complément régulier de revenus pendant la retraite.
Peut-on combiner capital et rente sur un PER ?
Oui. Pour les droits qui permettent une sortie en capital, le titulaire n’est pas obligé de choisir exclusivement entre capital et rente.
Il peut décider de récupérer une partie de son épargne sous forme de capital et d’utiliser le solde pour constituer une rente viagère.
Cette solution permet par exemple de disposer d’un capital pour financer un projet au moment de la retraite tout en conservant un revenu complémentaire régulier grâce à la rente.
Capital ou rente : quelles différences ?
| Critère | Sortie en capital | Sortie en rente |
|---|---|---|
| Disponibilité | Capital disponible en une fois ou de manière fractionnée | Revenu périodique versé sous forme de rente viagère |
| Objectif | Disposer librement de tout ou partie de l’épargne | Obtenir un complément régulier de revenus à vie |
| Fractionnement | Possible pour les droits concernés | Versements périodiques selon les modalités de la rente |
| Fiscalité | Dépend notamment de la déduction ou non des versements à l’entrée | Régime différent selon que les versements ont été déduits ou non |
| Versements obligatoires | Pas de sortie en capital à l’échéance selon le régime de droit commun | Sortie en rente viagère |
Quelle fiscalité pour une sortie PER en capital ?
La fiscalité d’une sortie en capital dépend principalement du traitement fiscal appliqué aux versements volontaires lors de leur entrée dans le PER. Le tableau officiel du régime fiscal et social du PER selon l’origine des sommes et le mode de sortie permet de distinguer les différents cas.
Versements volontaires déduits fiscalement
Lorsque les versements volontaires ont bénéficié d’une déduction fiscale à l’entrée, la part du capital correspondant à ces versements est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu lors de la sortie, sans application de l’abattement de 10 % applicable aux pensions. Cette part correspondant aux versements est en revanche exonérée de prélèvements sociaux.
La part correspondant aux produits générés par ces versements suit une fiscalité distincte. Elle relève en principe du prélèvement forfaitaire. Depuis le 1er janvier 2026, son taux de droit commun est de 31,4 %, soit 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 18,6 % au titre des prélèvements sociaux, sous réserve notamment de l’option globale pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu lorsqu’elle est applicable.
Versements volontaires non déduits fiscalement
Lorsque le titulaire n’a pas déduit fiscalement ses versements volontaires, la part du capital correspondant à ces versements est exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux lors de la sortie.
Seule la part correspondant aux produits générés par l’épargne est imposée. Depuis le 1er janvier 2026, elle relève en principe du prélèvement forfaitaire au taux de droit commun de 31,4 %, soit 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 18,6 % au titre des prélèvements sociaux, sous réserve notamment de l’option globale pour le barème progressif lorsqu’elle est applicable.
La documentation officielle précise cette fiscalité 2026 des produits compris dans une sortie en capital du PER et le taux global de 31,4 %.
Pour replacer cette fiscalité de sortie dans l’ensemble du mécanisme de déduction applicable à un indépendant, notre page consacrée à la fiscalité du PER TNS détaille la déduction professionnelle et la déduction du revenu net global.
Quelle fiscalité pour une sortie PER en rente ?
Là encore, la fiscalité dépend du choix effectué lors des versements.
Versements volontaires déduits
Lorsque les versements volontaires ont été déduits fiscalement, la rente est imposée à l’impôt sur le revenu selon le régime applicable aux pensions de retraite. Elle bénéficie donc de l’abattement applicable aux pensions, dans les limites fiscales en vigueur.
Les prélèvements sociaux obéissent à des règles distinctes : ils s’appliquent à une fraction de la rente déterminée en fonction de l’âge du bénéficiaire lors de l’entrée en jouissance, selon les règles applicables aux rentes viagères à titre onéreux pour la détermination de cette assiette sociale. Le taux des prélèvements sociaux applicable aux rentes concernées est de 18,6 % depuis le 1er janvier 2026.
Versements volontaires non déduits
Lorsque les versements volontaires n’ont pas été déduits, la rente relève du régime fiscal des rentes viagères à titre onéreux.
Seule une fraction de la rente est alors retenue pour l’impôt sur le revenu. Cette fraction dépend de l’âge du bénéficiaire au moment de l’entrée en jouissance de la rente : elle est de 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans et 30 % à partir de 70 ans.
Les prélèvements sociaux s’appliquent également sur la fraction correspondante de la rente selon les règles en vigueur. La documentation officielle confirme par ailleurs le taux de prélèvements sociaux de 18,6 % applicable aux rentes concernées depuis le 1er janvier 2026.
La différence entre versements déduits et non déduits est donc essentielle : l’avantage fiscal obtenu à l’entrée influence directement la fiscalité applicable lors de la sortie.
Faut-il fractionner une sortie PER en capital ?
Le fractionnement peut présenter un intérêt lorsque la sortie en capital porte sur des versements qui ont été fiscalement déduits.
En effet, la part correspondant aux versements déduits est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Une sortie importante réalisée en une seule année peut donc augmenter le revenu imposable de cette année et éventuellement soumettre une partie plus importante des revenus à une tranche supérieure du barème.
Une sortie fractionnée permet de répartir cette part imposable sur plusieurs années. Elle ne réduit cependant pas automatiquement l’impôt : son intérêt dépend du montant retiré chaque année, des autres revenus du foyer, du barème applicable et de l’évolution de la situation fiscale du titulaire.
Les produits compris dans chaque retrait conservent par ailleurs leur propre régime fiscal. Le fractionnement doit donc être étudié dans une logique fiscale globale et non considéré comme systématiquement avantageux.
Capital ou rente : comment choisir ?
Il n’existe pas de réponse identique pour tous les titulaires d’un PER.
Le choix dépend notamment :
- du montant de l’épargne constituée ;
- des autres revenus disponibles à la retraite ;
- du besoin de disposer immédiatement d’un capital ;
- du besoin de sécuriser un revenu régulier à vie ;
- de la situation fiscale du foyer ;
- de la part des versements qui a été fiscalement déduite ;
- des modalités de rente proposées par le contrat ;
- des objectifs patrimoniaux et de transmission.
Il est également possible de ne pas opposer les deux solutions : une sortie mixte, associant capital et rente, peut permettre de répondre simultanément à un besoin de liquidités et à la recherche d’un revenu régulier.
La sortie à l’échéance doit enfin être distinguée d’une récupération de l’épargne avant la retraite. Les situations dans lesquelles le PER peut être liquidé ou racheté avant son échéance sont présentées sur notre page consacrée au déblocage anticipé du PER.
Sortie PER : capital, rente ou les deux ?
Le mode de sortie doit être étudié en fonction de vos besoins, de la fiscalité de vos versements et de votre situation à la retraite.
Sortie PER en capital ou rente : ce qu’il faut retenir
- le PER permet, pour les droits concernés, une sortie en capital, en rente ou une combinaison des deux ;
- le capital peut être versé en une seule fois ou de manière fractionnée ;
- les droits issus de versements obligatoires sont en principe délivrés sous forme de rente viagère ;
- la fiscalité des versements volontaires dépend notamment du choix de les avoir déduits ou non à l’entrée ;
- en cas de versements déduits, la part du capital correspondant aux versements est imposée au barème progressif de l’impôt sur le revenu, sans abattement de 10 %, mais n’est pas soumise aux prélèvements sociaux ;
- en cas de versements non déduits, la part du capital correspondant à ces versements est exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ;
- depuis le 1er janvier 2026, les produits concernés par le prélèvement forfaitaire lors d’une sortie en capital supportent un taux de droit commun de 31,4 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux ;
- la fiscalité d’une rente diffère également selon que les versements ont été déduits ou non ;
- le fractionnement du capital peut permettre de répartir sur plusieurs années la part imposable des versements déduits, sans garantir pour autant une économie d’impôt ;
- capital et rente répondent à des objectifs différents et peuvent être combinés.
Ces informations sont fournies à titre indicatif et ne prétendent pas à l’exhaustivité. Malgré le soin apporté à leur vérification et à leur mise à jour, elles ne peuvent se substituer à l’examen de votre situation personnelle ni, lorsque cela est nécessaire, à l’avis d’un professionnel.